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LE SCOOTER CUSHMANN M53A

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Message par LAVEC



LE SCOOTER CUSHMANN M53A

Beaucoup de gens croient que le scooter est une invention italienne car ils pensent aux Piaggio et aux Vespas mais peu savent qu'en réalité, c'est une invention totalement américaine.
Histoire du scooter :
Dans les années 30, deux cousins Everett et Clinton Cushmann avaient une petite entreprise de production de moteurs agricoles, la Cushmann Motor Works à Lincoln, dans le Nebraska. Mais avec la récession, ils avaient de plus en plus de difficultés à écouler ces moteurs. Durant un après-midi de repos chez lui, Everett Cushmann regardait ses enfants jouer avec une trottinette. Il lui vint alors un trait de génie : Ne pourrait-on pas adapter un moteur de faible puissance sur un cadre similaire à celui des trottinettes et ajouter un siège pour le conducteur, les pieds de celui-ci reposant sur la plaque centrale ? Sans en toucher mot à personne, il commença à tracer des esquisses de plan pour finalement aboutir à quelque chose de concret.
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Plan de base du scooter. (Cushmann Motor Works Archives)

En 1936, le premier prototype prit forme et le scooter était né. L'engin était vraiment basique et rudimentaire : Pas de suspensions, pas de phare, pas de tachymètre ni de jauge de carburant. Son moteur, un Husky 16M71, de 240 cm3 était du même type que celui qui équipait des tondeuses à gazon.
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Le modèle de tondeuse à gazon qui a fourni le moteur du scooter. (Cushmann Motor Works archives)

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Fiche descriptive du scooter Cushmann. (Cushmann Motor Works archives)

Equipé de ce moteur à 4 temps, le scooter avait une puissance de 4,6 cv et consommait 2,5l/100 km. Sa vitesse maximale était d'environ 40mp/h soit 64,37 km/h. La manette des gaz était sur le côté droit du guidon et fonctionnait en tournant la poignée. L'embrayage était centrifuge, la transmission à chaîne sur la roue arrière
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Vue de l'embrayage centrifuge (Cushmann Motor Works Archives)

Le frein à moyeu, seulement pour le frein arrière, était actionné par une pédale située sur le plancher du cadre, côté droit. Il n'y avait pas de frein avant. Ses roues, composées de 2 flasques en acier renforcé embouti reliées par des boulons et écrous faisant office de jantes, avaient un diamètre de 5,7 inches soit environ 15cm. Pour changer de pneu, il était nécessaire de séparer les deux flasques. Les pneus étaient des 600x6. Leur largeur et leur pression compensaient l'absence de suspension.

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Vue montrant les flasques des roues. (Col.privée)

La transmission était assurée par une chaîne qui entrainait une roue dentée fixée sur la roue.
Everett Cushmann lui donna le nom de "scooter" qui signifie "Patinette" en Québécois.
L'engin fut proposé aux civils dans la fin des années 30 et eut un succès relativement moyen.
C'est alors que l'armée éprouva le besoin de posséder un petit véhicule léger de liaison entre les unités en premières lignes et l'Etat-major, qui pourrait éventuellement porter de petites charges comme des munitions, du plasma sanguin, des pansements, et qui pourrait être largué par parachutes. Elle fit un appel d'offre à l'industrie automobile afin de concevoir un véhicule si possible pliable, léger, robuste, pouvant résister à un choc dû au non fonctionnement d'un parachute, facile d'entretien et conduisible par tous sans formation préalable.
Cushmann posa sa candidature et, étant déjà constructeur il remporta le marché. Il renforça le cadre en le construisant avec une cornière en U de forte épaisseur au lieu du fer plat utilisé jusqu'à lors. Les armatures portant la selle et protégeant le moteur ont été légèrement cintrées de façon à mieux absorber les chocs dus au largage en parachute. Il baptisa le scooter M53-A, le M pour Military.

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Le cadre renforcé du scooter. On voit bien la pédale de frein arrière sur le côté droit (Cushmann Motor Works Archives)

Le moteur monocylindre à 4 temps était du type 17M71. Il avait un alésage de 26,2 inches, soit environ 66,54 cm, pour une course de 24,6 inches, soit environ 62,5 cm, et une cylindrée de 95, 27"3 soit environ 242 cm3. Il s'arrêtait au moyen d'un petit clapet qui s'ouvrait sur le dessus du moteur entrainant, à l'ouverture, une perte de compression et l'arrêt du moteur. Le carburant était l'essence ordinaire délivrée par l'Armée, sa consommation était de 4 gallons US pour 160 miles soit environ 2,5 l/100km. Il était capable de faire franchir une rampe à 45% au scooter. Son rayon d'action était de 180 miles soit environ 290 km. La capacité du réservoir était de 2 gallons US soit environ 7,5 litres. Son rayon de braquage était de 80 inches soit environ 2,03 m et son poids était de 230 livres US soit 115kg.
Une particularité de cette version militaire du scooter était que le pneu de la roue avant était un pneu de planeur WACO CG 4-A, ceci pour éviter au maximum que l'engin dérape en tout-terrain et, sur la roue arrière, un pneu neige aux sculptures accentuées pour une meilleure adhérence en terrain mou ou boueux
Une béquille fixée sur le côté gauche du scooter permettait à celui-ci de rester debout lors d'un stationnement.

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Détail de la différence des pneumatiques avant et arrière. (Col. Privée)


Enfin, le véhicule a été doté de 2 anneaux destinés à accrocher le parachute en vue d'un largage.

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Vue des anneaux d'accrochage du parachute (Col Privée)


Les scooters modèle M 53 A-4 ont été largement utilisés par la 82e et la 101e Airborne en France durant la bataille de Normandie mais ont été rapatriés aux Etats-Unis sitôt après la guerre, pas un n'est revenu en Europe. Ce véhicule n'était pas près apprécié des parachutistes, surtout après un largage car le moteur tombait régulièrement en panne à quelques centaines de mètres de la DZ. On pense que la raison de ces pannes est due à la différence brutale d'altitude et le choc à l'atterrissage qui occasionnait des bulles d'air dans le circuit d'alimentation de l'essence. D'aucuns trouvèrent une parade en fermant les canalisations d'amenée d'essence et en purgeant le carburateur avant le largage. Ces petits incidents n'ont pas empêché la firme Cushmann de développer une campagne de publicité louant les mérites militaires du scooter.
Il a été construit 4374 scooters durant la Seconde Guerre Mondiale.
La version proposée aux civils était quand même améliorée par rapport à la version militaire : Elle était dotée, entre autres, d'une suspension avant et d'un éclairage de route de nuit.

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Plaques signalétiques de nomenclatures. (Col. Privée)


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Le scooter en France durant la WWII(NA/USA)

          Hubert DENYS©
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