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Les rations de combat

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Les rations de combat Empty Les rations de combat

Message par LAVEC



LES RATIONS DE COMBAT :

Tout homme qui a fait son service militaire ou servi sous les drapeaux a connu les rations de combat mais peu de personnes connaissent les origines de ces rations. Jusqu'alors et en particulier lors de la première guerre mondiale, les hommes étaient nourris par des cuisines itinérantes appelées "Popotes" par les hommes. La nourriture était amenée au front dans des récipients appelés cantines norvégiennes. Ces cantines n'étaient pas isothermes et les hommes mangeaient rarement des repas chauds. C'est ce problème qui a amené les Etats-Majors à concevoir des solutions plus adaptées au problème de la nourriture des hommes au combat. Ce sont les Américains qui furent les premiers à innover en créant les différents types de rations alimentaires.
Voici les différents types de rations créées par les Américains
Les rations K :
En 1941, le département américain à la guerre se pencha sur la question de l'alimentation des hommes lors des combats. Il chargea le docteur Ancel Keys, de l'université du Minnesota, de concevoir un repas prêt à manger, non périssable, léger, individuel et pouvant tenir dans la poche d'un soldat afin d'assurer la subsistance de celui-ci sur une courte durée. Le docteur Keys se rendit dans un supermarché et choisit des aliments peu coûteux mais suffisamment énergétiques tels que des biscuits secs de mer, du saucisson sec, des pâtes de fruits, des barres chocolatées et des bonbons. A partir de ce genre de denrées, il constitua un menu apportant 3200 calories (13400kJ) et qui pesait 28 onces (871g). A noter que ce menu était 3 fois supérieur en calories à ce qu'un français de l'époque possédait quotidiennement durant l'occupation.
Il a alors testé ce menu sur 6 soldats volontaires d'un régiment d'infanterie voisin, sur une période de 6 jours.
Ces cobayes se montrèrent peu enthousiastes envers ces repas et les ont qualifiés comme étant "mangeables, un mieux que rien qui avaient juste réussi à tromper leur faim et à leur apporter l'énergie nécessaire mais à condition de n'être utilisées que sur des courtes durées ne devant pas dépasser un maximum de 15 repas, soit 5 jours".
Le premier prototype de ration a été élaborée par le Subsistance Research Laboratory pour les troupes aéroportées et ce, à la demande de l'US Army Air Corps au début de la guerre. Il y eu deux versions d'origine, l'une comprenait des biscuits pemmican, une barre d'arachides, des raisins secs et un sachet de bouillon déshydraté, l'autre incluait des biscuits pemmican, une barre chocolatée, de la viande en conserve. La boisson était apportée par de la poudre de citron à diluer dans de l'eau. Elle reçut le nom de "ration de combat"
Ce prototype a rapidement évolué vers un ensemble déjeuner-diner –souper qui se généralisera et deviendra standard. La direction de la subsistance du Quartermaster Corps a modifié certains composants et rebaptisé la ration de combat en ration type K.
Composition de la ration type K :
1°) Petit déjeuner (Breakfast) :
-Entrée en conserve (Jambon haché et œufs ou pain de veau)
-8 biscuits
-Une pâte de fruits ou une barre de céréales
-Des comprimés de purification de l'eau Halazone
-Un paquet de 4 cigarettes + une boîte d'allumettes
- Une tablette de chewing-gum.
-Du café soluble instantané + sucre.

Les rations de combat Ration10

Petit déjeuner inclus dans les rations K. (NA/USA)

2°) Déjeuner (Dinner) :
-Entrée en conserve (Fromage fondu, jambon ou jambon et fromage)
-8 Biscuits
-15 tablettes de lait malté ou 8 caramels
-Sucre et chewing-gum
- Un paquet de 4 cigarettes+ allumettes
- Un sachet de boisson en poudre (arôme citron en 1940, orange en 1943 ou raisin en 1945)

Les rations de combat Ration11

Déjeuner inclus dans les rations K.  (NA/USA)

3°) Souper (Supper) :
- Conserve de viande (pâté de poulet ou viande de porc/carottes pommes de terre ou bœuf et pain de porc ou saucisses)
- 4 Biscuits grand format
- Barre chocolatée de 2 onces (63g) de la ration D
-Une barre de chocolat sucré du commerce (climat tempéré) ou une barre tropicale.
-Bouillon (en cube ou en sachet)
-Un paquet de 4 cigarettes + allumettes
-Une tablette de chewing-gum
- Un paquet papier toilette. (Latrine paper)

Les rations de combat Ration12

Souper inclus dans les rations K. (NA/USA)

Au total, les trois boîtes de repas fournissaient entre 2830 et 3000 calories selon les composants. Les rations K ont été produites par la Cracker Company dans le même format que la célèbre boîte de la Cracker Jack Company.
Les rations K étaient enveloppées dans du papier ciré puis emballées dans des caisses en bois contenant 12 rations journalières soit un total de 36 repas par caisses.
L'inconvénient de cette ration était le manque de diversité dans le choix des plats ce qui fait que les soldats s'en lassaient rapidement. Le goût désagréable de certains composants de la ration tels que le pain de gras de porc ou l'hyperacidité de la poudre de citron a fait que de nombreux hommes les ont jetées, réduisant ainsi leur apport calorique. De plus, elles étaient trop faibles en calories pour des hommes qui devaient être très actifs comme les commandos ou les parachutistes, ou exposés à des températures basses comme ceux qui ont combattu dans les Ardennes en hiver 1944, ce qui a provoqué des cas de malnutrition. Des cas de carences en vitamines C (scorbut) ont aussi été rapportés par des hommes qui avaient consommé cette ration durant des mois entiers. Il a été fréquemment observé que, lorsque qu'ils en avaient l'occasion, les GI's échangeaient leurs boîtes de rations contre des vivres fraiches (œufs, charcuteries, légumes) auprès de la population civile pour qui elles étaient non seulement une nouveauté mais surtout une aubaine.

LA RATION"B" :
La ration B est un véritable repas en boîte. C'est la préférée des soldats. Elle est constituée de viande en conserve ou déshydratée et de toute sorte de légumes soit secs (fèves, haricots, lentilles, riz), soit déshydratés (flocons de pommes de terre, d'avoine) ou encore en conserve (petits pois, carottes, maïs), de pain, de beurre, de confiture, de café et de chocolat au lait, fruits au sirop. Ces rations étaient préparées dans des moyens de cuissons mobiles tels que roulantes à gaz ou à essence et étaient servies chaudes, soit dans de plateaux alvéolés individuels, soit dans les gamelles individuelles des soldats.

 Les rations de combat Ration13
 Les rations de combat Ration14
 
Exemples de plats de la ration B et le plateau dans lequel ils pouvaient être servis. (NA/USA)


Diversité dans le contenu de la ration"B" :
La ration B était composée de deux boîtes de base : la B-Units et la M-Units qui permettront de composer 10 plats différents auxquels viendront s'ajouter des céréales, le plus souvent des flocons d'avoine et de la purée de pommes de terre. Ces boîtes pouvaient se décliner en deux contenances : En boîtes 4/4 pour les petites unités ou en boîtes 5/1 pour les hôpitaux de campagne ou les bases arrière éloignées du front.
Les boîtes 4/4 étaient empaquetées dans des cartons cirés contenant 48 boîtes. Elles étaient ensuite conditionnées dans des caisses en bois du même format que les rations K.

La B-Units:(B pour biscuit)
Elle contient des biscuits, des bonbons, du sucre, du café et du lait solubles, du chewing-gum, des barres chocolatées ou de pâtes de fruits. Les cigarettes sont distribuées à part.
La M-Units:(M pour Meat=viande)
Elle contient un mélange de viande et de légumes comme par exemple :
La M1 : Meat and beans (40% de bœuf, 10% de porc, 20% de haricots blancs ou rouges, 30% de sauce tomate)
La M2 : Meat and vegetables Mash (40% de bœuf, 10% de porc, 48% de pommes de terre et 2% d'oignons)
La M3 : Meat and vegetables Stew (50% de bœuf, 15% de pommes de terre, 15% de carottes ; 8% de haricots rouges, 12% de tomates)
Les rations de combat Ration15
Les rations de combat Ration16
 
Exemples de rations B 4/4 et leur ouvre-boîte. (NA/USA)


LA RATION DE COMBAT FRANCAISE :
La ration de combat individuelle française apparaît en 1946 et s'inspire des rations K utilisées dans les Forces armées des États-Unis. Cette ration possède une plus haute valeur énergétique que la ration américaine et est mieux adaptée au goût français. Son utilisation doit, en principe, être une ration d’exception et ne doit pas excéder sept à huit jours. En réalité dès sa mise en circulation, elle est utilisée avec succès sur le théâtre d’Extrême-Orient (Indochine) comme mode d’alimentation courant en opérations et devient vite la principale source de l'alimentation des soldats car elle facilement transportable et même parachutable, facilement stockable sur une grande durée et limite l'utilisation de matériels tels que les roulantes fonctionnant à l'essence ainsi que les véhicules devant les tracter.
La ration individuelle de l'époque copie le système américain et se compose de trois boîtes métalliques : petit déjeuner ou casse-croûte, déjeuner, souper. Cette ration subit rapidement une série de modifications destinée à mieux s’adapter aux conditions d’utilisation et aux goûts des consommateurs européens. Ainsi apparaît en 1951 la ration R 20, ration individuelle, un homme =un jour,
La R 20 était initialement regroupée dans une boîte unique métal ou carton mais le métal va être vite abandonné car il occasionne un excès de poids et de bruits. Le carton paraffiné va être adopté car aussi résistant à l'humidité que le métal, plus léger et silencieux mais aussi plus facilement destructible. Ce point est important car il suffit de faire brûler l'emballage pour s'en débarrasser et éviter de laisser des traces de passage pouvant alerter l'ennemi.
Le pain est distribué à part sous forme de pain frais ou de pain de guerre. Les variétés des menus passent de 3 à 10 menus puis à 12 en 1966 (8 menus types “ E ” européens, 4 menus type “ M ” musulmans). Apparaissent aussi la petite fiole d’alcool appelée "eau-de-vie", qui est imbuvable et qui sert le plus souvent à allumer un feu  ou encore pour désinfecter les petites blessures, ainsi que le paquet de cigarettes "Troupe". De nouvelles conserves sont mises au point : mouton assaisonné, porc en gelée, pâté de foie de porc. Cette ration est assez complète pour suffire au besoin alimentaire d'un homme pour une journée.
Le petit déjeuner se compose d'un sachet de café soluble, d'un sachet de lait en poudre, de morceaux de sucre emballé.
Le diner se compose d'une boîte de pâté de foie ou d'une boîte de sardines ou de maquereaux, d'une boîte de corned-beef
Le souper se compose d'un sachet de potage déshydraté ou d'un bouillon de bœuf déshydraté, d'une boîte de conserve réchauffable de viande et de légumes genre cassoulet ou saucisses-lentilles
Le dessert est constitué soit de barres de chocolat noir, soit d'une pâte de fruits, soit d'un nougat, de biscuits secs, de fromage fondu en boîte.
La boisson se compose d'un sachet de jus de fruits déshydraté soluble dans l'eau.
Dans cette boîte, on pouvait aussi trouver un ouvre-boîte pliant appelé "crapahuteur", un petit réchaud à alcool gélifié pliable pouvant soutenir le quart, des plaquettes de méta (alcool gélifié), des comprimés de sel contre la déshydratation, des comprimés de désinfectant pour rendre l'eau buvable, une pochette d'allumettes

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Ration R20. (Amicale du 2e RPIMa)


Les rations alimentaires actuelles :
Les rations de combat françaises ont très bonne réputation par rapport à celles d'autres pays, de sorte qu'elles font l'objet d'un troc. En 2010, en Afghanistan, une ration de l'armée française pouvait s'échanger contre trois rations MRE américaines
La ration de combat individuelle réchauffable (RCIR) est la ration standard pour une consommation quotidienne d'un combattant. D'un poids de 1,75 kg, elle se conserve deux ans maximums. Sa valeur énergétique est d'environ 3 500 kcal soit 14 644 kJ (protides : 13 %, lipides : 32 %, glucides : 55 %). Quatorze menus différents sont disponibles en 2016, dont sept sans porc.
La ration se compose comme suit :
-deux hors-d'œuvre en conserve ;
-deux plats cuisiné en barquettes de 300 g ;
-un paquet de biscuits de campagne de 250 g sucré-salé ;
-un potage en sachet ;
-un fromage fondu ou crème dessert en barquette ;
-un paquet de caramels de 40 g ;
-une barre de chocolat 25 g ;
-un ensemble "petit-déjeuner " (café, lait écrémé, boisson cacaotée et sucre en poudre et du thé en sachet) ;
-un ensemble de réchauffage comprenant un réchaud pliant et de méta
-six comprimés de purification d'eau
-un sac à déchets
-une barre de nougat ;
-une pâte de fruit ;
-quatre morceaux de sucre enveloppés ;
-un sachet boisson isotonique ;
-un stick de confiture ;
-un paquet de 10 serviettes / mouchoirs.
Depuis le début du XXIe siècle, l'Organisation des Nations unies se fournit à l'économat des armées françaises qui a remporté le marché 2010-2013 pour un million de rations par an.
Les rations de combat sont réalisées en concertation avec les industriels et l'économat des armées, plus précisément le Centre Expert du Soutien du Combattant et des Forces. Un cahier des charges est imposé aux industriels, comme la teneur en viande ou poisson, la teneur en cacao du chocolat, la teneur en fruit des pâtes de fruit, la provenance française ou européenne des produits, etc. Le choix des produits dépend pour 70 % de la qualité, et 30 % du prix. La qualité est jugée par un jury de 8 à 15 militaires qui teste les menus à l'aveugle. Le modèle le plus répandu, la RICR, coûte en 2018 10,31 €, la ration lyophilisée 19,02 €, et la ration de fête 35 € 11.

Les rations de combat Ration18

La ration Française RICR (Archives Nationales)

                                                                                             Hubert DENYS©

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